Que voyons-nous vraiment de la "réalité"... et comment notre cerveau utilise-t-il les informations sensorielles?
Nos perceptions sensorielles décrivent-elles la réalité?



La peinture de M.C. Escher m'a toujours fascinée... en bref, il y a comme un : "Ici s'arrête toute compréhension du monde", une métaphore de notre apparente double nature, une vision issue de la perception sensorielle et une vision intérieure venant de l'intuition.
En somme, certaines peintures de Escher sont de véritables "koan visuels"... où...

...le "Je" repose au centre d'un espace vide de toutes représentations...




... et même si des mathématiciens semblent avoir "comblé le vide",
on ne fait que tourner autour du pot...
Vertige de l'Infini !
:-)





"Combien êtes-vous crédule? Est-ce que votre crédulité se trouve dans quelque "centre de crédulité" dans votre cerveau? Un neurochirurgien pourrait-t-il l'atteindre et exécuter une opération délicate pour faire baisser votre crédulité, ainsi vous laissant tranquille? Si vous croyez cela, vous êtes assez crédule, et devriez peut-être envisager une telle opération." Douglas Hofstadter, auteur de Gödel, Escher, Bach : Les Brins d'une Guirlande Éternelle

Une belle illustration de pensée logique auto référente, celle qui produit le "« Je » suis une boucle très étrange". En effet le penseur pense qu'il pense sa pensée..."cogito ergo cogito"...Au moins chez Descartes "cogito ergo sum"... le penseur est une essence...d'où la pensée émerge...

Voir :
Kurt Gödel

Autres œuvres de M.C. Escher

Cet excellent article : Escher et les sciences: l'obsession de l'infini et cette citation : "Escher est persuadé que la nature véritable du monde nous échappe. Comme les philosophes grecs ou les scientifiques modernes, il suggère que notre univers n'est qu'un niveau de réalité dans un Univers plus vaste.", correspond bien au problème posé dans son thème natal, entre l'amas Soleil/Neptune/Pluton/Mercure/Lune opposé à Uranus/Saturne.

Quelques citations de Escher...entre lumière et ombre, flou et certitudes, ordre et mystère...

"Je pense que je n'ai jamais encore fait aucun travail dans le but de symboliser une idée particulière, mais le fait qu'un symbole soit parfois découvert ou remarqué a de la valeur pour moi, parce qu'il est plus facile d'accepter la nature inexplicable de mes passe-temps, qui me préoccupent constamment."

"La division régulière du plan dans des figures congruentes évoquant une association de l'observateur avec un objet naturel, familier est un de ces passe-temps ou des problèmes ... je me suis embarqué dans ce problème géométrique à maintes reprises au fil des ans, essayant d'éclairer des aspects différents chaque fois. Je ne peux pas imaginer à quoi ma vie ressemblerait si ce problème ne m'était jamais arrivé ; on pourrait dire que je suis follement amoureux de cela et je ne sais toujours pas pourquoi."

"J'essaye dans mes dessins de témoigner que nous vivons dans un monde beau et ordonné, pas dans un chaos sans normes, bien que c'est ainsi qu'il apparaît parfois. Mes sujets sont aussi souvent espiègles : je ne peux pas m'abstenir de démontrer le non sens d'un peu de ce que nous prenons pour être des faits certains irréfutables. Il est, par exemple, un plaisir de délibérément mélanger ensemble les objets de deux et trois dimensions, des relations superficielles et spatiales et railler la gravité."

"Pour autant que je sache, il n'y a aucune preuve quelconque de l'existence d'une réalité objective en dehors de nos sens, et je ne vois pas pourquoi nous devrions accepter le monde extérieur en tant que tel par la seule vertu de nos sens. Ces enthousiastes de réalité jouent probablement à cache-cache ; en tout cas ils aiment se cacher, quoiqu'ils ne soient pas d'habitude conscients de cela. Ils le font simplement parce qu'il leur est arrivé d'être nés avec un sentiment de la réalité, en somme, avec un grand intérêt dans ce qu'on appelle la réalité et parce que l'homme aime s'oublier."

"Le résultat de la lutte entre la pensée et la capacité de l'exprimer, entre rêve et réalité, est rarement plus qu'un compromis ou une approximation. Ainsi il y a peu de chance que nous réussirons le passage à un grand public et dans l'ensemble nous sommes tout à fait satisfaits si nous sommes compris et apprécié par un petit nombre de gens sensibles, réceptifs."

"Il peut sembler paradoxal de dire qu'il y a des ressemblances entre un esprit poétique et commercial, mais c'est un fait que tant un poète qu'un homme d'affaires traite constamment les problèmes qui sont directement liés aux gens et pour lesquels la sensibilité est de haute importance. L'esprit sérieux est parfois décrit comme étant froid, sobre, calculateur, dur ; mais peut-être que ces qualités sont simplement nécessaires pour traiter avec les gens si on veut réaliser quoi que ce soit. On est toujours concerné par les aspects mystérieux, incalculables, sombres, cachés, pour lesquels il n'y a aucune formule facile, mais qui forme essentiellement le même élément humain que celui qui inspire le poète."

"Quand quelqu'un s'oublie, ceci ne le rend en aucun cas altruiste ; quand une personne pensante s'oublie, elle oublie immédiatement aussi son semblable, elle se perd elle-même et son humanité en devenant absorbée dans son sujet. Ainsi elle est dans un sens plus contemplative qu'une personne sentimentale."

"Je n'ai pas grandis. En moi, c'est le petit enfant de mes débuts."

"Pour avoir la paix avec cette vie particulière ; pour accepter ce que nous ne comprenons pas ; pour attendre calmement ce qui nous attend, vous devez être plus sages que je suis.


Métamorphose, l’œuvre de Escher





Comment les représentations s'ouvrent à l'Infini



Reprennons "Gödel, Escher, Bach : Les Brins d'une Guirlande Éternelle" en compagnie de Douglas Hofstadter... et poursuivons dans le passionnant domaine de l'Analogie... et sa compagne poétique la métaphore...
Ne dit-on pas "Connais-toi toi-même et tu connaitras les dieux et l'univers" ? Serions-nous dans un Univers "holographique" où l'Infini se reproduit lui-même dans la plus petite de ses parties ? Peut-être ici l'art de Escher rencontre les mathématiques, la musique, et une capacité naturelle dont l'être humain est doué...la pensée analogique.

"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Et ce qui est en haut est comme ce qui en bas, pour réaliser les miracles d'une seule chose." Hermès Trismégiste


"L'Analogie : Cœur de la pensée " un livre de Douglas Hofstadter et Emmanuel Sander, en anglais : "Surfaces and Essences" ; et réflexion personnelle, l'analogie ouvre de nouveaux horizons, un peu comme un modèle fractal ; c'est comme "Voir un univers dans un grain de sable".

Au sujet de l’ouvrage :

L’analogie est le mécanisme qui, sans que nous en ayons conscience, dicte le choix de nos mots et notre compréhension des situations les plus quotidiennes. Elle nous guide face à des circonstances inattendues, inspire notre imagination et est même à la source des découvertes d’Einstein.

La logique est-elle le fondement de notre pensée ?

Réhabilitant les pouvoirs et la richesse créatrice de l’analogie, cet ouvrage montre qu’il n’en est peut-être rien.

Trente ans après Gödel, Escher, Bach (prix Pulitzer 1980), dont l’influence et le succès ont été considérables, ce nouveau livre, totalement révolutionnaire, écrit à quatre mains dans un langage non technique et illustré d’une foule d’exemples empruntés à tous les champs de la vie, propose une nouvelle théorie de la pensée.

Douglas Hofstadter est professeur de sciences cognitives à l’Indiana University et directeur du Center for Research on Concepts and Cognition. Il est notamment l’auteur de Je suis une boucle étrange (2008) et de Gödel, Escher, Bach (1979), immense succès.

Emmanuel Sander est professeur de psychologie à l’université Paris-VIII, où il dirige l’équipe « Compréhension, raisonnement et acquisition des connaissances ». Il a notamment publié Les Connaissances naïves (2008) et L’Analogie. Du naïf au créatif (2000).


Comment l’analogie structure-t-elle notre pensée ?
(émission France Culture)





Table ronde autour du livre







Voir aussi :

Les Portes de la perception

Albert Einstein, science et transcendance